Le ratio carbone / Azote en élevage pâturant

par SHANE BAILEY / vendredi, 24 avril 2015 / Publié dans je-pature.com

Le ratio carbone / Azote en élevage pâturant

Composthands Le rapport carbone sur un azote est un indicateur qui permet de juger l’aptitude de la matière organique à se décomposer plus ou moins rapidement dans le sol et dans le rumen. Ce ratio est souvent analysé lors de recherche sur la performance animale ou sur  la performance de l’écosystème.

Le ratio C/N correspond à la part de carbone sur l’azote dans la matière organique. Par exemple la luzerne à un ratio de 13 : 1. Un ratio élevé voudrait dire que la part d’azote est faible, à l’inverse, plus le ratio est faible plus la part d’azote dans la matière organique est élevée. La première notion à retenir est que la part de carbone dans les plantes est assez stable, c’est la part d’azote qui varie davantage. La plupart des arbres sont constitués d’environ 50% de carbone alors que les plantes pastorales (matière sèche) contiennent environ 45% de carbone.

Comme les plantes sont le point de départ des deux chaines alimentaires (au-dessus et en dessous du sol), le ratio C/N est déterminant pour connaître l’efficience de l’écosystème. La séquestration de carbone est en grande partie déterminée par l’efficacité de la photosynthèse, suivi par la vitesse de dégradation de la matière organique en fonction de la température, de l’humidité, de l’aération… Dans le cas de l’azote, c’est le niveau d’activité biologique dans le sol qui dépend de la quantité de carbone introduit.

Que se passe t-il lorsque différent type de litière sont introduit dans le sol ? Pour de la matière organique avec un ratio faible, comme  la luzerne ou le trèfle, la dégradation de la litière commence presque immédiatement car l’azote est indispensable aux micro-organismes pour fabriquer de la protéine.  Pour autant, pour un ray-grass par exemple, qui a un ratio plus élevé, l’azote ne sera pas dégradé aussi rapidement. De manière générale, si la proportion d’azote est trop élevée cela peut tuer les micro-organismes, et si la proportion est trop faible, la dégradation sera plus longue réduisant ainsi l’activité biologique. Il faut donc veiller à ce que le ratio soit équilibré, que dans la pratique en pâturage  la sélectivité des animaux soit contrôlée, que la composition botanique de la prairie soit équilibrée, et que le stade physiologique des plantes soit maîtrisé.

 

La sélectivité des ruminants :

WP_20131009_021-1024x557Comprendre les ruminants et leur système digestif pour limiter l’impact sur l’écosystème puis augmenter la productivité est l’une des clés du pâturage.

La population microbienne dans le rumen digère la matière sèche ingérée à la place des ruminants. Les ruminants se nourrissent des ces microbes afin d’obtenir la protéine et l’énergie. Le défi des éleveurs est donc d’assurer que le rumen contienne le plus grand nombre des ces microbes pour augmenter l’efficacité alimentaire. Les parties vertes des plantes agissent comme un fertilisant pour le rumen en nourrissant les microbes. Les ruminants ne se comportent pas comme des tondeuses à gazon, ils sélectionnent certaines plantes et même certaines parties des plantes. Ils choisiront toujours les jeunes pousses, qui contiennent plus d’azote que les tiges. La digestibilité des jeunes pousses est nettement supérieure au reste de la plante. De manière générale, les feuilles contiennent 2.5% d’azote alors que la tige contient 0.5% d’azote. C’est pour cela que les ruminants continuent de remanger les jeunes pousses et sur-pâturent toujours les plantes les plus productives. Les conséquences sont variées,  notamment :

Le moment le plus critique dans le cycle de croissance d’une plante vivace est la période où elle émerge de sa dormance. Environ 90 % des hydrates de carbone réservés sont nécessaires pour la croissance de nouvelles feuilles et  de nouvelles tiges.  Tous les hydrates de carbone fabriqués par les nouvelles feuilles sont utilisés pour faire plus de feuilles et plus de tiges. La plante reconstruit ses réserves de glucides seulement si  la surface foliaire est suffisante. Si après les premières pluies les animaux sont autorisés à consommer les nouvelles feuilles contenant un ratio C/N  faible cela va  provoquer de graves dommages à la santé et la nutrition de la plante, réduisant ainsi la productivité de l’année en cours.

La même chose se produit après le 4ème jour dans la même parcelle. Les graminées les plus productives (ray-grass ou fétuque par exemple), utilisent leurs réserves énergétiques pour produire de nouvelles feuilles afin d’augmenter la photosynthèse…

Pour la performance animale :

Photo-A La population microbienne du rumen à besoin d’azote mais également de   sucres solubles. Les sucres solubles sont principalement des produits de    la photosynthèse. Le ratio sucres solubles sur azote et directement lié à  celui du carbone sur azote. Dans les premières phases de repousse des  plantes la part de sucre soluble est assez faible (lorsque la plante puise  dans ses réserves énergétiques) alors que la part  d’azote est élevée ce qui  conduit inévitablement à des déséquilibres  nutritionnelles pour  l’ensemble de l’écosystème (animale, micro-  organismes…). Le ratio  carbone sur azote d’une luzerne par exemple au  début de son  développement est très faible, même dangereux pour la  production animale.

Lorsque la plante arrive au stade d’épiaison ou de floraison, celle-ci  a un ratio carbone sur azote très élevé car la part d’ADF augmente pour soutenir le poids de la plante et produire des semences. La croissance de la plante ralentit et la digestibilité pour les animaux est très faible. La vitesse de dégradation de la protéine dans le rumen ralentit, et la population microbienne est réduite. La performance animale est également limitée.

La composition de la prairie :Pasture5-zpqzcm (1)

Pour l’équilibre nutritionnel de l’ensemble de l’écosystème,  la prairie doit être composée d’au moins 30 à 40% de légumineuses. Les légumineuses doivent fixer l’azote ce qui dépend de votre gestion. Je viens d’expliquer que les animaux sélectionnent naturellement les plantes les plus riches en azote, notamment les légumineuses. La proportion de légumineuses  dans une parcelle est directement liée à la sélectivité des animaux. Comme ceux-ci réduisent l’efficacité de la photosynthèse en sur-pâturant les jeunes pousses, les légumineuses disparaissent peu à peu. Naturellement, une prairie devrait être composée d’au moins 20 à 30 % de légumineuses. La proportion de légumineuses est un très bon indicateur de la gestion des pâturages mais aussi de la performance de l’écosystème.

Intérêt des légumineuses à travers le pâturage

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