Le Plantain CERES TONIC – Une plante révolutionnaire

par SHANE BAILEY / lundi, 13 juillet 2015 / Publié dans je-pature.com

Le Plantain CERES TONIC – Une plante révolutionnaire


 

Le plantain lancéolé (Plantagolanceolata L.), utilisé comme fourrage secondaire en Europe au XVIIIème siècle, a Image1été oublié par l’agriculture moderne. Cependant l’appétence de ce fourrage et son implantation large et facile dans les prairies sous des climats tempérés font qu’il a été reconsidéré ultérieurement. Dans les années 1990, le cultivar Ceres Tonic est breveté par PGG Ltd, un semencier néo-zélandais. Cette variété de plantain lancéolé, originaire du Nord du Portugal, a été sélectionnée initialement pour son port dressé et ses larges feuilles, le rendant intéressant pour le pâturage. Il s’est avéré que le cultivar Ceres Tonic présente bien d’autres avantages. Cet article est l’occasion de faire un bilan sur les caractéristiques et l’utilisation du cultivar Ceres Tonic.  Aujourd’hui en France il n’existe à notre connaissance qu’un seul moyen de se procurer des semences de CERES TONIC, Dominique Mary de la société VG SOL dans les Deux-Sèvres à réussi à obtenir quelques tonnes de ce cultivar Néo-Zélandais. Les quantités de Ceres Tonic sont relativement faible de part un engouement général en Nouvelle-Zélande, ils ne produisent déjà pas suffisamment pour le marché intérieur ! Pour obtenir davantage d’information, n’hésitez pas à nous contacter Dominique Mary :  [email protected]

Figure 1: Prairie multi-espèces contenant du plantain Ceres Tonic

Quels sont les avantages du plantain Ceres Tonic?

Les avantages de ce cultivar sont multiples. Ils sont déclinés si dessous.

Une morphologie adaptée au pâturage : Il se caractérise par son port dressé qu’il conserve même dans des conditions de pâturage intensif. Il se différencie ainsi des autres cultivars qui ont tendance à s’affaisser sous ces conditions. C’est pour cette caractéristique qu’il avait initialement été sélectionné.

DSC_0054Une tolérance à la sécheresse : Sa racine pivotante soutenue par un système racinaire fibreux lui confère une bonne tolérance aux épisodes de sécheresse. Durant ces périodes, sa stratégie de survie est de réduire drastiquement sa production. Mais dès le retour d’une légère humidité, sa réponse est très rapide et sa croissance redémarre sans délai. Le Ceres Tonic est aujourd’hui utilisé en France pour la période estivale en association avec des « mélanges d’été » afin de maintenir la production animale pendant les périodes sèchante, cette année notamment il fait ses preuves et sécurise les systèmes de pâturage.

Figure 2:La qualité du plantain est conservée alors que celle des graminées diminue pendant les mois les plus secs.

 

Une croissance précoce au début de printemps : Le plantain Ceres Tonic se démarque de nombreuses plantes fourragères par le fait qu’il reste actif pendant les mois les plus froids. En effet d’autres cultivars de plantain sont en dormance pendant l’hiver, c’est à dire que leur croissance et développement sont arrêtés pendant la période froide. Leur métabolisme tourne au ralenti. À la sortie de l’hiver, quand la dormance est levée, le démarrage de la croissance pour ces autres plantains est dans un premier temps lent, alors que la croissance du plantain Ceres Tonic démarre plus rapidement au retour de conditions climatiques plus clémentes.

Une source intéressante d’oligo-éléments : Le plantain Ceres Tonic contient une grande quantité de minéraux comparativement au ray-grass. L’accumulation de minéraux tels que le cuivre et le sélénium par le plantain Ceres Tonic est probablement due à son système racinaire profond plus efficace pour prélever les minéraux du sol. Cette concentration plus élevée dans la plante se répercute sur les ruminants qui la pâturent. La concentration en cuivre dans le foie d’agneaux ayant pâturé du plantain Ceres Tonic pur est trois fois plus élevée que celle d’agneaux ayant pâturé du ray-grass pur. Pour le sélénium, cette concentration est doublée.

Une consommation importante de matière sèche : Les ruminants qui pâturent du plantain Ceres Tonic consomment plus de matière sèche que ceux qui pâturent du ray-grass. Comparativement au ray-grass, le plantain contient une plus faible concentration de fibres (28,3% contre 48,7 %) et une forte concentration de protéines brutes (24,7 % contre 15,5 %). Pour le plantain, la vitesse de dégradation des protéines dans le rumen est rapide, les ruminants augmentent donc leurs prises alimentaires pour remplir de nouveau le rumen.

plantain21Des propriétés antiparasitaires : Il est observé que les ruminants pâturant des prairies contenant du plantain ont moins de parasites internes. Une expérimentation a chiffré qu’à contamination égale 7 jours avant l’agnelage avec des strongles (Teladorsadagiacircumcincta au stade larvaire), les brebis pâturant du plantain Ceres Tonic après agnelage ont 48 % moins d’œuf de strongles dans les fèces que les brebis pâturant du ray-grass. À la fin de l’expérimentation, 11 semaines après l’agnelage, les brebis pâturant le ray-grass ont une concentration parasitaire 3 à 4 fois plus importante que celles pâturant le plantain Ceres Tonic. Le mécanisme impliqué n’est pas exactement connu.

Différentes recherches se sont intéressées à la possibilité que l’aucubine, une molécule que contient le plantain, soit impliquée. L’aucubine est un hétéroside iridoïde, c’est à dire un métabolite secondaire synthétisé par le plantain grâce à la condensation d’un sucre et d’une substance non glucidique. Une première analyse in vitro conclut qu’à forte concentration l’aucubine inhibe la mobilité de la larve de stade 3 de strongles (Trichostrongyluscolubriformis) mais qu’à faible concentration, comme celle qu’on peut trouver dans le plantain, aucun impact antiparasitaire n’est mis en évidence. Une autre analyse a montré, toujours in vitro, que l’aucubine réduit l’activité de larves de strongles (Ostertagiaostertagi) au 2ème jour mais que cette activité reprend le 3ème jour. Ainsi, même si le plantain contient de l’aucubine et que celle-ci a des propriétés antiparasitaires dans certaines conditions, il semble qu’elle ne soit pas présente en quantité suffisante pour expliquer les propriétés antiparasitaires du plantain.

Des performances animales améliorées : De nombreuses études montrent l’amélioration des performances Image3des ruminants pâturant les prairies contenant du plantain, sans réellement expliquer le mécanisme qui engendre ces meilleures performances. Pendant la lactation, la production de lait des brebis, le GMQ des agneaux et l’état corporel des brebis sont meilleurs que sur des prairies de ray-grass. Les performances sont également meilleures pour les agneaux sevrés, qui présentent un GMQ supérieur et donc atteignent le poids d’abattage plus précocement que des agneaux pâturant du ray-grass. Des expérimentations sont actuellement en cours de réalisation à Massey University (Palmerston North, Nouvelle Zélande) pour observer les performances de veaux laitiers mâles sur des prairies contenant du plantain. Les premiers résultats montrent une amélioration du GMQ par rapport à des bovins pâturant des prairies sans plantain. Ces résultats sont similaires aux observations faites pour les ovins.

Figure 3: (Photo Alice Poliane) Expérimentation sur le GMQ de taureaux laitiers sur mélange plantain, chicorée, trèfles et sur les prairies classiques de ray-grass, trèfle blanc

Comment l’implanter ?

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