Jérôme Legeay s’est installé en 1996, après un BTS ACSE, à Torcé-en-vallée dans la Sarthe. Il exploite aujourd’hui 95 ha de terres aux caractéristiques des plus variées, allant des sables à la tourbe, en passant par les argiles et les limons. Plusieurs ruisseaux traversent ses parcelles. Ils occupent l’équivalent de 3,5 kilomètres linéaires. Jérôme Legeay a choisi en 2004 de remettre en prairies les parcelles attenantes à ces ruisseaux. La gestion des bandes enherbées et la réglementation concernant les traitements étaient devenues trop contraignantes, dans son système en semis simplifié, pour maîtriser le salissement des parcelles. « La flore spontanée des prairies est réapparue rapidement à certains endroits, et la bonne gestion du pâturage améliore sa qualité. J’ai aussi semé à d’autres endroits des mélanges » explique Jérôme Legeay. C’est ainsi que l’éleveur s’est constitué un bloc de 43 hectares de prairies autour de ces ruisseaux.

En 2011, l’élevage a été complètement réorienté suite à la sécheresse sévère – à peine 30 mm d’eau sont tombés entre janvier et juillet – et à des dégâts de grêle non couverts par l’assurance. C’est à ce moment que je me suis tourné, sur les conseils de PâtureSens, vers un système nécessitant très peu d’investissement et dans lequel on se concentre sur l’amélioration de la marge dégagée. » Le troupeau laitier a été ramené à 18 vaches, qui produisent 70 000 litres de lait en exploitant les 7,5 ha pâturables situés à proximité de la salle de traite ainsi que des surfaces de récolte (affourragement en vert et enrubannage). La complémentation en concentrés des laitières se résume au grand maximum à 500 kilos par an et par vache. Et la conversion en agriculture biologique est engagée depuis 2012.

D’abord dédié à l’engraissement des bœufs normands, le bloc de 43 hectares de prairies autour des ruisseaux est depuis peu occupé par des génisses allaitantes croisées à l’engraissement. Le parcellaire est en cours d’aménagement pour pouvoir pratiquer facilement la technique du pâturage de précision. « J’ai déjà clotûré le tour du bloc et je travaille avec un fil avant et un fil arrière. » Un parc de contention avec bascule a été installé. Des mélanges associant luzerne, plantain et trèfles ont été implantés sur les sables. « Je suis convaincu que la production peut être importante sur ce type de sol avec la luzerne, dont la racine peut descendre très profondément » explique Jérôme Legeay. Il réalise aussi régulièrement sur ses autres parcelles des sursemis de trèfles, en février-mars ou bien fin août, avec un vieux semoir à blé. « Je passe à différentes périodes de l’année mais avec des doses minimes pour favoriser la réussite. »
L’éleveur a démarré avec une trentaine de génisses charolaises croisées qui lui ont été apportées par son organisation de producteur BoviPerche en août 2013. Parallèlement, il s’est engagé avec Elivia et PâtureSens pour l’engraissement de cinquante autres génisses. Des génisses croisées Salers x Charolais âgées de 10 mois et pesant 300 kg sont arrivées au printemps.
Les génisses sont pesées une fois par mois. La croissance moyenne s’est établie, entre janvier et septembre 2014, à 760 g/jour. « Je sais que je vais pouvoir faire beaucoup mieux à l’avenir. Je n’en suis qu’au début de l’organisation du système de conduite, et certaines parcelles sont encore en très mauvais état », commente Jerome Legeay. Pour autant, le surpâturage est scrupuleusement prévenu. « Je n’ai jamais été en difficulté pour fournir aux deux lots leur surface à pâturer quotidienne, et je n’ai pas non plus été dépassé par la pousse. C’est vrai que les conditions du printemps ont limité le pic de production cette année ». Une cinquantaine de balles d’enrubannage a constitué l’ensemble de l’alimentation nécessaire en un an pour suppléer au pâturage du lot de 50 génisses.
Les génisses passeront l’hiver prochain dehors. Si besoin, elles pourront être ramenées sur des parcelles qui restent bien portantes en toutes conditions. Une complémentation à base de tourteau de lin, luzerne deshydratée et pulpes de betteraves deshydratées leur sera probablement distribuée cet hiver durant les deux derniers mois précédant leur abattage.

Jerome carte

Le logiciel PaturePro me permettra en quelques clics de savoir si la disponibilité en herbe me permettra ou non d’atteindre l’objectif de croissance sans complémentation. C’est hyper simple et rassurant » Le départ des génisses contractualisées est prévu avant le mois de mars.

Génie-Pâtures est une démarche conclue entre Elivia (Le Lion d’Angers), PâtureSens et l’éleveur pour l’engraissement à l’herbe de génisses. L’objectif est de produire des carcasses de 350 kg à l’âge de 22 à 30 mois, classées R-, R= ou R+ avec un état d’engraissement de 3. L’éleveur s’engage dans un accompagnement technique de trois ans avec PâtureSens. Elivia propose un contrat à l’éleveur pour les génisses. Le prix de vente est basé sur la cotation FranceAgriMer Grand Ouest de la génisse R=. Une prime de 10 centimes est accordée la première année, et une prime de 25 centimes est donnée pour les animaux livrés entre février et mai.

Chiffes clés :

  • SAU : 95 ha dont 10 ha de céréales, 5 ha de luzerne semence
  • Production de 70 000 litres de lait avec 18 vaches traites
  • Engraissement à l’herbe de 80 génisses allaitantes
  • Main d’œuvre : 1 UMO

HAUT

Powered by themekiller.com anime4online.com animextoon.com apk4phone.com tengag.com moviekillers.com