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Ghislain Mainard, installé à Etusson dans les Deux-Sèvres, a découvert PâtureSens par l’intermédiaire de l’association départementale des éleveurs (ADEDS). Conquis par l’approche totalement différente de la prairie qu’enseigne cette société de conseil, il a entamé avec ses associés un profond remaniement du système d’élevage depuis quatre ans. Et un voyage d’études en Nouvelle-Zélande, organisé par Pâture Sens en 2012, a conduit à une nouvelle étape dans cette mut

850 Wairere Romney élevées à 100 % à l’herbe et sans complémentation,

depuis novembre 2013, les brebis Suffolk ont été remplacées par des Wairere Romney. Cette race, qui est la plus répandue en Nouvelle-Zélande, a été préférée pour sa rusticité, en particulier pour le fait que l’agnelage se déroule sans aide. Les éleveurs ont aussi implanté des mélanges de type néo-zélandais, composés de plantain, chicorée, trèfle blanc et trèfle violet. Ces mélanges font partie intégrante de notre plan de pâturage, et me permettent d’atteindre mes objectifs de production
explique Ghislain Mainard. L’EARL Duret conduit ce troupeau en plein air intégral et à 100 % à l’herbe : aucun concentré ni aucun fourrage ne sont distribués, sauf exception. La qualité des sols sous prairies est très médiocre.

Nous exploitons 60 hectares de côteaux sur roches, et les autres surfaces sont constituées de 20 cm de terre sur roche

décrit Ghislain Mainard. La pluviométrie est en moyenne de 600 mm par an. Les conditions sont donc difficiles pour l’élevage, mais elles peuvent sembler encore enviables au regard de celles de certains élevages néo-zélandais que l’éleveur a pu visiter, et où il a pu constater que les performances techniques étaient néanmoins très bonnes. L’EARL Duret a décidé suite à cette expérience de changer de cap. Disposant d’une « fenêtre d’herbe » limitée à quatre mois de l’année, l’atelier ovin prend toute sa crédibilité par rapport aux Salers. Les exploitants disposent d’une ressource alimentaire limitée et donc le taux de conversion de matière sèche d’herbe en viande doit être maximisé pendant cette période. Puis les couverts permettent de garder les brebis en entretien sans aucun achat extérieur le restant de l’année.

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Carte Ghilsian

Le troupeau ovin s’est vu attribuer un bloc de 130 hectares, qui a été subdivisé en parcelles dont chacune est destinée à fournir la ration quotidienne pendant la pleine période de pousse de l’herbe pour le lot des 500 brebis avec leur suite (jusqu’à 700 agneaux, pour au final 1,2 agneaux sevrés par brebis cette année). Les Carte-Ghilsianparcelles mesurent entre 2 et 2,4 ha selon le potentiel de la parcelle. Les éleveurs ont calé les besoins alimentaires du troupeau sur la courbe de production d’herbe établie par Pâture Sens : les agnelages démarrent mi-février, et l’objectif est que les agneaux soient vendus avant la baisse forte de production d’herbe qui intervient courant juin. Une brebis suitée doit se voir offrir ses 5 kg MS/jour, et une brebis non suitée 1,5 kg MS/jour. Cette année, le pari est d’ores et déjà gagné car 96 % des agneaux n’ont reçu aucune complémentation et le poids moyen de carcasse s’est établi à 19,23 kg. La croissance des agneaux à 100 % à l’herbe s’affiche à 330 g par jour de moyenne entre les simples et les doubles. Le chargement moyen pour les ovins est de 7 brebis par hectare. Ce bloc est aussi pâturé par le troupeau de Salers, qui passent en général derrière les brebis. La productivité des prairies sur ce bloc est en moyenne de 9,5 t MS/ha. « Cette année se sera beaucoup plus car la météo a été favorable et nous avons récolté du foin et de l’enrubannage.Mais notre objectif est bien d’intervenir le moins possible avec du matériel, afin de réduire le coût de production et le temps de travail.

Les éleveurs ont déjà il y a deux ans revendu un tracteur et ne cachent pas qu’ils espèrent aller encore plus loin dans cette voie. « La pâturage est le mode d’exploitation le plus économique, et nous, ce sont les marges dégagées par chaque atelier que nous cherchons à améliorer. » Et le temps de travail, une donnée importante aux yeux des éleveurs est très réduit. Il est estimé à une heure et demie par jour pour l’atelier ovins.

L’un de nos collaborateurs a quitté notre exploitation cette année, et nous le remplacerons pas. Notre objectif est que tous mes outils, la subdivision, la sélection génétique, les mélanges et PâturePro, me permettent de travailler seul. Je veux aussi profiter de ma vie familiale, le weekend et le soir

explique Ghislain Mainard.
Pour parvenir à ces résultats, une très grande technicité est exigée dans la conduite de l’herbe. Le parcellaire a été subdivisé en clôture fixe pour maximiser l’efficience de l’exploitation (temps de travail / rentabilité). « Tout est basé sur le respect de la plante » résume Ghislain Mainard. Elle est maintenue, par la pression de pâturage et le temps de retour, en état de croissance. » De ce fait, par rapport à une conduite en pâturage tournant classique, la quantité de matière sèche augmente de 30 à 50 %, et la digestibilité et l’appétence augmentent fortement. Ce qui permet grosso modo de doubler les performances animales. Progressivement, le couvert devient régulier, la plupart des mauvaises herbes régressent. Les racines s’étoffent et le tapis s’épaissit. La règle d’or est de proscrire le surpâturage. « Une plante qui a été surpâturée redémarre beaucoup plus lentement et sera jusqu’à deux fois moins productive quand de bonnes conditions de pousse seront de retour. »

Les éleveurs portent une grande attention à la qualité de l’eau d’abreuvement. Elle provient d’un forage et elle est analysée chaque année. Les animaux ne reçoivent pas de minéraux. « Si les plantes sont bien en phase de développement, le pâturage couvre les besoins en minéraux majeurs des brebis et des agneaux sur toute l’année. » Aucun apport d’azote minéral n’est réalisé sur les prairies, pour ne pas accentuer le pic de pousse et pour favoriser au mieux le développement des légumineuses. Du fait de la progression régulière sur la surface des animaux, les déjections sont bien réparties et constituent un apport d’azote, phosphore et potassium nettement mieux valorisé par le sol que lorsque les déjections se concentrent autour des points d’eau et d’affouragement comme c’est le cas avec un pâturage classique. D’autre part, Trevor Cook intervient sur cette exploitation une fois par an dans le cadre de son suivi par Pâture Sens. Et grâce à ses conseils, les éleveurs ont très fortement réduit les charges vétérinaires.

Cette année, nous n’avons pas traité les agneaux contre les strongles digestifs. Au moindre doute, nous faisons faire des coproscopies pour décider si un traitement est nécessaire »

explique Ghislain Mainard. Le comportement des animaux est aussi un facteur de résultat dans cette technique de pâturage. Les animaux se synchronisent à la rotation, ne divaguent plus dans les parcelles entre points d’ombre et points d’abreuvement, ils ne gaspillent ni l’herbe, ni leur énergie. Ils sont calmes et s’appliquent à pâturer. Et l’impact homogène des sabots équivaut à un hersage. En conditions humides, la vitesse de rotation élimine tout risque de dégradation du couvert.

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Les premières années, la conduite a été supervisée par Pâture Sens. L’outil informatique PaturePro mis à disposition par la société de conseil permet aux éleveurs de connaitre rapidement et simplement le rapport entre les besoins du troupeau et la disponibilité en herbe. « Au quotidien, après quelques années de pratique, nous nous réglons essentiellement sur le comportement des animaux. Quand on change de parcelle, ils doivent se mettre tout de suite à manger calmement. Nous peaufinons toujours notre connaissance de la courbe de production d’herbe de nos différents types de parcelles. Et surtout, tous les animaux sont pesés une fois par mois. » Ghislain Mainard et ses associés ont investi dans une installation de contention fixe qui permet de réaliser tout le suivi des animaux, de peser, et de réaliser toutes les interventions nécessaires « Le suivi mensuel des croissances est l’outil clé pour réagir et adapter la conduite à bon escient. » Et l’organisation du parcellaire permet de réagir tout de suite sans que cela ne crée de travail supplémentaire.

160 génisses allaitantes à l’engraissement sur 20 HA, pour sa seconde année, l’EARL conduit aussi un atelier de génisses à l’engraissement. Celui-ci s’est vu attribué un bloc de 21 hectares, découpé en couloirs de 25 m de large, et bénéficiant de l’irrigation. Ce bloc est implanté avec un mélange composé de luzerne, plantain et chicorée. Les résultats de cette année montrent une production annuelle de 20 t MS /ha.
Ces génisses sont contractualisées avec Elivia (Le Lion d’Angers). Les poids de carcasse doivent être de 340 kgC (environ 620 kg V) pour un âge d’abattage compris entre 18 et 24 mois. Il s’agit de croisées Salers x Charolais et de Limousines qui entrent dans le dispositif au sevrage, à l’âge de neuf mois, l’objectif étant qu’elles puissent être prêtes pour l’abattage après neuf mois de pâturage. Ce contrat est le fruit d’une collaboration entre Elivia, PâtureSens et les éleveurs. Cet atelier a bien fonctionné chez Ghislain Mainard. « Les croissances réalisées cette année sont de 1300 à 1400 g/jour ». Avec un chargement de 6,5 génisses par hectare en moyenne sur 12 mois, cela représente une productivité de plus d’une tonne de carcasse produite par hectare. Le résultat net est de plus de 1800 euro par ha. La conduite de cet atelier demande environ 1 heure de travail par jour. La taille des parcelles et l’allocation de la ressource sont calculées une fois par semaine pour être en adéquation avec le besoin, la saison, ainsi que les conditions climatiques.
Selon Ghislain, le facteur limitant de cet atelier est la quantité d’eau disponible pour l’irrigation. « C’est pour cela qu’avec John Bailey, nous allons retourner en Nouvelle-Zélande afin de travailler sur les mélanges ». L’objectif à viser est de réduire la quantité d’eau à apporter à l’hectare et d’augmenter la surface dédiée aux génisses. Ce bloc pourrait être porté à environ 35 hectares sans réduire la performance économique à l’hectare.

Information sur l'exploitation
  • 1200 brebis de race Romney à l’herbe
  • 300 génisses à l’engraissement à l’herbe
  • 120 Salers à l’herbe
  • 450 places d’engraissement de porcs plein air
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