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Laurence et Erwan Le Roux
, installés à Rosnoën dans le Finistère,ont construit un système d’élevage « 100% à l’herbe » sur 66 hectares fonctionnant en autonomie fourragère complète. Les éleveurs recherchent une expression optimale du potentiel de leurs prairies. Les vaches laitières, conduites en monotraite, produisent en fonction de cette production des prairies.
Quand l’année fourragère est bonne, les vaches sont alimentées à 100% par le pâturage pendant leurs 9 mois de lactation. En année défavorable, le pâturage représente 85 à 90 % de leurs apports alimentaires, de l’enrubannage et/ou du foin assurant les 10 à 15 % restants.

L’organisation est proche de celle d’un système néo-zélandais d’origine, tels qu’ils peuvent se rencontrer dans la région de Taranaki avec un chargement autour de 2 UGB/ha, de petites vaches conduites sur une lactation assez courte, et des prairies peu remaniées.Les éleveurs disposent de 40 ha accessibles aux vaches traites depuis le bâtiment, qu’ils ont aménagés avec de bons chemins, des clôtures fixes et des bacs à eau à niveau constant. Pour faire coïncider les besoins des vaches à la courbe de production des prairies, les vêlages sont regroupés sur huit semaines – les trois quarts d’entre eux se déroulent même sur trois semaines – et les vaches pâturent de début mars à fin novembre.

Une fois par semaine, je définis la taille des paddocks destinés à l’alimentation pour 24 heures du lot  explique, Erwan Le Roux.

Ce choix se fait en synthétisant les données sur la courbe de production moyenne de la prairie, la pousse observée durant les trois semaines précédentes et une estimation de la pousse attendue dans les deux semaines à venir en fonction de la météo et de la situation hygrométrique du sol.L’objectif est que la prairie soit pâturée au stade trois feuilles des graminées, en tous cas jamais avant ce stade, et le moins longtemps possible après. Des poignées installées à chaque piquet de clotûre permettent de disposer depuis le chemin d’accès à six entrées pour un hectare. La pose d’un fil avant et un fil arrière définissent le paddock quotidien. Avec 78 vaches traites pour ce bloc de 40 hectares, les éleveurs arrivent à faire fonctionner le troupeau en flux tendu. L’herbe est prélevée en général six fois par an, et la production moyenne est de 8T de MS/ha. La rotation la plus longue, et quand l’herbe pousse le moins vite, de 80 jours. Elle est de 35 jours pour les parcelles les plus rapides. Dans ce cas extrême, le paddock quotidien pour les 78 vaches mesure 1,2 ha. Laurence et Erwan Le Roux gèrent les aléas par des stocks sur pied ou la distribution d’un peu d’enrubannage ou de foin. Très peu de fauches sont réalisées sur ces parcelles. C’est sur l’autre bloc de 26 ha, dédié aux génisses, que sont réalisés les stocks nécessaires à l’alimentation du troupeau durant les trois mois d’hivernage.

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Ce système assure la vente de 270 000 l de lait (52 de TB et 37 de TP), avec une production d’un peu moins de 4 000 litres par vache conduite en monotraite. Soit, avec un chargement de 2 UGB/ha, la production de 8000 litres de lait par hectare.
A leur installation en 2002, les éleveurs se sont dotés de l’association ray-grass anglais et trèfle blanc sur toutes les parcelles. Ils ont ensuite cherchés à palier aux conditions de leurs sols, parfois gorgés d’eau l’hiver et très secs l’été, avec l’introduction d’autres fourragères telles que la fétuque, le pâturin, la fléole, et diverses légumineuses. Ces mélanges pouvant compter dix à quinze espèces étaient ressemés tous les sept à huit ans. Mais depuis environ trois ans, les éleveurs ont pris une nouvelle orientation : ils ne ressèment plus du tout et visent à obtenir une flore indigène productive. Les éleveurs traversent donc actuellement cette transition vers des prairies permanentes équilibrées, qui peut se traduire par des baisses temporaires de productivité.

 

La flore est pour nous un indicateur du fonctionnement du sol. Si elle se dégrade, c’est qu’il faut améliorer nos pratiques,explique Erwan Leroux.

Ils travaillent sur l’équilibre du sol et apportent des amendements simples tel que le gypse, le basalt… Aucun engrais n’est apporté.

La génétique est un aspect très important dans la réussite de ce système. Laurence et Erwan Le Roux recherchent des vaches de petit gabarit – elles font 480 kilos – particulièrement bien adaptées au pâturage, issues de croisement entre quatre races : Holstein néozélandaise, Rouge suédoise, Montbéliarde et Jersiaise. Le schéma est une combinaison entre le croisement trois voies et le croisement deux voies (criss cross) :
les trois premières races sont utilisées sur le schéma trois voies et la race jersiaise est utilisée une génération sur deux.

Récemment, nous avons développé un débouché pour le beurre de très haut de gamme avec des restaurateurs et nous orientons la génétique du troupeau dans ce but,  précisent Erwan et Laurence.

La Montbéliarde s’en trouvera probablement remplacée par une ou plusieurs autres races.

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La pratique de la monotraite favorise la longévité – les vaches effectuent six lactations, voire davantage, après un premier vêlage à 24 mois – et participe à la solidité de leur santé. Le fait de ne réaliser qu’une traite par jour, le matin, permet aussi de donner de la place à la vie de famille, à la vie sociale et aux échanges professionnels. Et du fait du groupement des vêlages, il y a certes deux mois très chargés au moment des vêlages, mais la salle de traite est fermée des vacances de Noël à début mars. L’élevage des génisses est lui aussi peu générateur de travail d’astreinte : une dizaine de vaches allaitent, pendant leurs neuf à dix mois de lactation, chacunes trois génisses destinées au renouvellement. Elles sont conduites avec le lot des génisses d’un an. Les éleveurs ont par contre à cœur de travailler la structuration paysagère, avec la présence de beaucoup d’arbres, de talus et de haies qui nécessitent un certain travail d’entretien. Les veaux non destinés au renouvellement sont élevés avec du lait yoghourtisé et valorisés en veaux de lait.

Laurence et Erwan Le Roux se sont fixés des critères économiques bien précis pour suivre la rentabilité de l’élevage, assurer un certain niveau pour leur rémunération et prendre leurs décisions. Ils investissent de façon ciblée, en recherchant la meilleure valeur ajoutée ou bien une amélioration du confort de travail. Ils mettent simultanément l’accent sur l’aspect environnemental de leur travail. Ils sont passés en agriculture biologique depuis 2011 et cherchent à limiter l’empreinte carbone du système.

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